Heureux et en santé à l’école

Une autre rentrée scolaire s’annonce! Faites en sorte que la transition se passe sans stress et sans incident.

L’école et les problèmes médicaux

Durant les fébriles préparatifs de la rentrée scolaire, certaines familles ressentent davantage de stress en raison du problème de santé chronique de leur enfant.

Si le vôtre est atteint d’une affection chronique comme le diabète, l’asthme ou l’épilepsie, ou s’il a des allergies alimentaires importantes, des mesures supplémentaires permettraient de vous assurer qu’il passera l’année scolaire en bonne santé, dans un milieu sans stress et sans menace pour sa santé. Ainsi, les enfants diabétiques pourraient devoir se faire administrer des injections d’insuline ou de vérifier leur taux de glycémie et, pour les parents d’enfants asthmatiques, la qualité de l’air à l’école serait un sujet de préoccupation. Le personnel de l’école doit aussi connaître les mesures à prendre devant une crise d’épilepsie ou les signes à surveiller si un enfant entre en contact avec des allergènes alimentaires.

Chaque problème de santé exige des mesures et des interventions particulières, mais les règles suivantes s’appliquent à la plupart des situations :

  • Remettez à l’école une liste des personnes à contacter en cas d’urgence, avec des coordonnées aussi précises et à jour que possible. Indiquez les noms selon l’ordre de préférence d’appel et, pour chaque personne, donnez aussi des numéros de téléphone secondaires, s’il y a lieu (cellulaire, téléphone au travail, etc.) Incluez dans la liste les coordonnées du pédiatre de votre enfant, de son médecin traitant ou de son dentiste, selon le besoin.
  • Informez l’école de l’état de santé de votre enfant. Préparez un document résumant les antécédents médicaux de votre enfant, les médicaments qu’il doit prendre et les restrictions ou les besoins spéciaux liés à son état (activité physique, restrictions alimentaires). Vos directives doivent être claires, concises et complètes pour en faciliter l’application.
  • Demandez une rencontre avec les membres du personnel responsables de votre enfant pour discuter de son plan de soins d’urgence. Lorsqu’il s’agit de la santé de votre enfant, vous souhaitez que tout se passe pour le mieux, mais vous devez vous préparer au pire. Ainsi, il faudra établir avec les autorités de l’école un plan décrivant les actions et les responsabilités dans le cas d’une urgence. Ce plan peut inclure des directives pour l’administration de médicament ou de traitement durant la journée passée à l’école et lors des sorties éducatives. Les personnes suivantes pourraient être invitées à la rencontre : l’enseignant de votre enfant, le directeur de l’école, l’infirmière et l’enseignant d’éducation physique. IL serait intéressant d’inclure aussi le coordonnateur des services spéciaux, des aides ou des professionnels de la santé qui pourraient contribuer à la discussion. Si votre enfant est assez grand, il devrait aussi participer à la planification.
  • Maintenez le contact. Vérifiez auprès de l’enseignant s’il a observé des changements chez votre enfant touchant son comportement ou son niveau d’énergie. Demandez à votre enfant comment cela se passe à l’école, s’il prend ses médicaments selon les directives, s’il se sent différent de ses camarades ou s’il éprouve de la difficulté avec ceux-ci à cause de son problème de santé. Agissez comme un porte-parole de la santé de votre enfant en assurant le suivi auprès de l’école, afin de revoir ou de mettre à jour ses plans de soins ou d’intervention d’urgence.

La salubrité de la boîte à lunch

Compte tenu du manque de temps et d’espace à l’école, les élèves laissent souvent leurs boîtes à lunch dans un bac partagé dans la classe, des cubicules, des casiers ou d’autres espaces d’entreposage. Parfois, les bacs sont laissés à l’extérieur, exposant les dîners au froid ou à la chaleur. Pour certaines écoles, il n’est simplement pas possible d’offrir aux élèves une place dans le réfrigérateur afin de protéger leur nourriture des bactéries et de la contamination croisée. Les parents peuvent prévenir les maladies d’origine alimentaire en prenant de simples mesures de précaution :

Pensez à la durée de conservation : Les aliments qui « se conservent » le plus longtemps sont les meilleurs candidats pour les sacs à lunch.

  • Utilisez le moins possible les aliments fortement périssables, comme la mayonnaise, les œufs, le beurre, les produits laitiers, et même ces assortiments de charcuterie très populaires auprès des enfants.
  • Préférez des aliments et des boissons non périssables : eau, fruits entiers et séchés, craquelins et croustilles, céréales et pain, ou noix et graines.
  • Les sandwiches sont un choix pratique, mais n’oubliez pas que les charcuteries et le thon doivent être conservés au réfrigérateur pour une consommation sûre. Il se peut que les classiques comme le beurre d’arachide et la confiture soient bannis de certains menus par crainte des allergies alimentaires, mais ce sont des choix naturels pour un dîner à emporter, car ils ne se gâtent pas.

Pensez à la température : Selon l’horaire de l’enfant, le dîner que vous lui préparez devra se garder pendant au moins 2 à 3 heures.

  • Si les aliments doivent être mangés frais, utilisez des blocs réfrigérants ou une boîte à lunch isolante.
  • Si les aliments doivent être mangés chauds, réchauffez-les avant que votre enfant parte pour l’école et mettez-les dans un contenant qui garde la chaleur ou un thermos.
  • Congelez une boîte de jus ou un yogourt à l’avance et servez-vous-en pour garder les autres aliments frais jusqu’à l’heure du repas.
  • Pensez à vous procurer une boîte à lunch isolante ou des blocs réfrigérants pour garder les repas à une température sûre.

Donnez à votre enfant des habitudes d’hygiène et de salubrité aux repas : Rappelez à votre enfant les habitudes à prendre chaque jour lorsqu’il arrive à la cafétéria.

  • Parlez à votre enfant des conditions de conservation de sa boîte à lunch et rappelez-lui de la mettre dans un endroit frais, sec, à l’abri du soleil et loin des sources de chaleur.
  • Discutez de l’hygiène, et passez en revue avec votre enfant la bonne méthode de laver les mains ou de s’essuyer les mains avec une lingette avant et après les repas.
  • Rappelez à votre enfant de jeter des restes d’aliments périssables (il ne pourra peut-être pas le faire si l’école a une politique de non-gaspillage à l’heure du dîner) au lieu de les rapporter à la maison. Beaucoup de mamans et de papas ont trouvé des surprises pourries dans la boîte à lunch de leurs enfants!

Déterminez les règles du partage : Quand vous vous efforcez de cultiver la générosité chez vos enfants, comment faire alors pour leur dire qu’il ne faut pas partager leurs repas ou leurs boissons avec des camarades?

  • Dans des mots qu’il peut comprendre, expliquez à votre enfant pourquoi il n’est pas recommandé de boire à partir d’une même paille ou d’une même boîte de jus qu’une autre personne (risque de propagation des microbes).
  • Expliquez à votre enfant pourquoi il ne devrait pas échanger ses collations avec son camarade (on ne sait jamais qui est allergique à quoi).

Gardez la boîte à lunch propre et bien rangée : Si vous ne pouvez pas surveiller la boîte à lunch de votre enfant durant sa journée d’école, vous pouvez toutefois, avec sa collaboration, la garder propre.

  • Suivez les directives du fabricant pour le nettoyage des boîtes à lunch.
  • Montrez à votre enfant comment essuyer l’intérieur et l’extérieur de sa boîte à lunch après avoir fini de manger à l’école.

La salubrité des aliments commence à la maison : Suivez les pratiques de salubrité alimentaire à la maison, lorsque vous préparez les repas à emporter.

  • Lavez-vous soigneusement les mains avant de manipuler les aliments et après.
  • Lavez à fond les fruits et les légumes.
  • Gardez vos surfaces de travail dans la cuisine exemptes de germes; ayez beaucoup de linges et de serviettes à vaisselle propres à votre disposition.
  • Faites attention à la date de péremption indiquée sur l’emballage des aliments.
  • Ne réutilisez pas les sacs et les emballages en plastique.

La sécurité des terrains de jeu

Si vous avez amené vos enfants aux parcs municipaux, vous avez dû remarquer que les terrains de jeu ont changé quelque peu depuis votre enfance. Le métal, le bois et le béton ont laissé la place à des structures en plastique aux couleurs vives, avec un revêtement spongieux sur le sol. 

Malgré les améliorations sur le plan de la sécurité, les enfants peuvent encore tomber des grimpeurs, se brûler sur des glissades trop chaudes et se faire éjecter des balançoires ou des balançoires à bascule par des camarades trop enthousiastes. Les bleus, les égratignures, les coupures, les dents cassées, les fractures et entorses font encore partie de l’enfance.

En général, les enseignants et les instructeurs d’éducation physique font faire le tour du terrain de jeu aux élèves, passant en revue les règles de sécurité, les conseils et les « habiletés de jeu ». Malgré cela, la plupart des blessures sur le terrain de jeu touchent les enfants de 5 à 9 ans. Il ne serait donc pas mauvais d’amener votre jeune au parc et de lui montrer, dans une séance individuelle, les règles de base de la sécurité :

  • Les règles de la glissade : Vous pouvez penser qu’il est simple d’expliquer quoi faire sur une glissade. On glisse jusqu’en bas, n’est-ce pas? Bien, les enfants trouveront toutes sortes de manières créatives de glisser incorrectement. Tout d’abord, donnez-lui le temps de grimper les marches en toute sécurité. Ensuite, expliquez qu’il faut glisser sur les fesses et non sur le ventre, soulignant l’importance de descendre les pieds en premier et une personne à la fois. Rappelez à votre enfant de regarder si le bas de la glissade est libre avant de se lancer, cela afin de prévenir des collisions avec un autre enfant qui se trouverait encore là.
  • Comment monter dans la balançoire : Les balançoires sont responsables de bien des blessures d’enfance, des doigts pris dans les chaînes aux plongeons en pleine course. Avertissez votre enfant de ne pas imiter les acrobaties d’un autre, car cela fait mal de tomber et il pourrait se fracturer un bras. Montrez la bonne posture en balançoire – rester assis, ne pas se mettre à genoux ni debout – et recommandez-lui de marcher à une bonne distance des balançoires en mouvement. L’idée de se balancer à deux peut sembler amusante pour les bons amis, mais les balançoires sont conçues pour porter un seul enfant à la fois.
  • La balançoire à bascule, une leçon de coopération : Il se peut que vous voyiez moins de balançoires à bascule de nos jours. C’est dommage, car cette balançoire, plus que n’importe quel autre équipement sur le terrain de jeu, demande coopération et communication entre les joueurs. Pratiquez avec votre enfant l’art de se balancer et d’atterrir sans frapper le sol lourdement ni renverser son partenaire de son siège. Expliquez comme il serait dangereux de se balancer en se tournant dans la mauvaise direction, en lâchant prise ou en chevauchant la poutre.
  • Le glisseur sur rail – bien rester sur les rails : Un équipement que vous verrez de plus en plus est le glisseur sur rail, composé d’une poignée suspendue qui glisse le long de rails. En saisissant la poignée des deux mains, les enfants se propulsent le long du parcours. Les utilisateurs doivent cependant avoir atteint une certaine taille pour pouvoir y monter. Ces glisseurs exigent une certaine pratique, alors exercez-vous hors de l’école. Voyez si votre enfant est assez grand et s’il possède assez de force dans le haut du corps pour lancer le glisseur; faites-lui pratiquer aussi la technique de mettre pied à terre.
  • Une aire de jeu dégagée : Durant la récréation du matin, quand les enfants viennent d’arriver à l’école, le terrain de jeu peut être jonché d’objets pouvant provoquer des chutes et des blessures : sacs à dos, livres, balles et cordes à sauter lancés pêle-mêle sur l’aire de jeu. Discutez avec votre enfant des endroits où il pourra laisser ses affaires sans risque. Et, tout en espérant que cela va de soi, mettez-le en garde de ne pas attacher une corde à sauter à l’équipement du terrain de jeu.
  • S’habiller sans danger : Les fils et les lacets sur les vêtements posent un risque sur les terrains de jeu, car ils peuvent s’accrocher ou rester pris dans l’équipement. Il en est de même avec les capuchons, les drapés, les sacs à main, les porte-clés qui pendent, les foulards, voire les lacets de chaussures. Préférez plutôt des boutons, des boutons-pression, du Velcro ou des élastiques.

Voici d’autres comportements à observer sur un terrain de jeu : ne pas se bagarrer dans les structures, l’équipement ou les aires très fréquentées; regarder avant de sauter d’une structure ou d’un équipement et, enfin, tester la température de l’équipement lorsqu’il fait chaud.

De simples mesures pour cultiver l’autonomie et favoriser le succès scolaire

Les enfants apprennent davantage à l’école que lire, écrire et calculer. Le milieu scolaire leur permet de pratiquer les aptitudes interpersonnelles – comme l’interdépendance et le partage. L’école représente aussi un milieu sûr où les enfants peuvent mettre à l’essai leur autonomie.

Un élève autonome serait davantage porté à résoudre un problème de mathématiques difficile ou à chercher le sens d’un nouveau mot. L’autonomie aide à maintenir l’optimisme et à travailler dur malgré la crainte de l’échec. Vous pouvez cultiver l’autonomie de votre enfant tous les jours, par de simples mesures :

Cédez la responsabilité des devoirs. Selon l’âge de votre enfant, les devoirs peuvent consister en quelques minutes de lecture partagée et un peu de coloriage, ou une rédaction complète ou encore un projet de science. Tout en suivant les études de votre enfant à la maison et en y participant, vous devriez « rester en retrait » et laisser à votre enfant prendre en main ses travaux. Les devoirs donnent aux enfants l’occasion d’affiner leurs habiletés de planification, d’organisation, de gestion du temps, de décision et de solution de problèmes. De même, les enfants peuvent se voir confier la responsabilité de ranger leur poste de travail et de préparer leur sac à dos.

Donnez à votre enfant de plus en plus de place. Les enfants ont peu de contrôle sur les différents aspects de leur vie. Vous pouvez laisser au vôtre plus de place à la maison : un coin de travail spécial, du temps de jeu sûr et sans supervision, sa propre chambre. Il peut aussi se voir accorder plus de place à l’école aussi. Un exemple serait son arrivée à l’école : certains parents ne se sentent rassurés que s’ils remettent l’enfant entre les mains de l’enseignant. Mais, une fois que votre enfant sait ce qu’il faut faire et connaît le chemin de sa classe ou du terrain de jeu, laissez-le y aller par lui-même. Ces moments de séparation peuvent être accueillis avec de la résistance, voire des larmes, au début. Tenez bon : cela ira en s’améliorant!

Confiez à votre enfant des responsabilités croissantes à la maison. Se voir confier des tâches ménagères régulières à la maison peut aider votre enfant à devenir plus responsable en classe. Les travaux ménagers peuvent sembler plutôt contraignants, et cela vaut-il la peine d’insister pour qu’il fasse son lit ou range sa chambre? Oui, surtout si vous tenez compte du fait que les enseignants demandent à leurs élèves d’accomplir des tâches ou d’assumer des responsabilités comme arroser les plantes, aller chercher le panier de collations ou ranger le coin de lecture.

Laissez l’enfant choisir. Votre enfant devra prendre des décisions durant toute sa journée d’école. Si les parents lui imposent leur choix dans chaque décision à la maison, l’enfant ne sera pas en mesure de savoir ce qu’il veut à la cafétéria, dans la cour d’école ou à la bibliothèque. Laissez-le s’exercer à choisir, par exemple quand il s’agit de ses aliments et de ses vêtements. Proposez un maximum de trois collations et laissez-le décider laquelle il préfère. Mettez de côté trois tenues pour l’école et votre enfant pourra choisir laquelle il veut porter.

Laissez l’enfant connaître l’échec. Si un enfant n’a connu à ce jour que des A+ et des « excellent! », comment réagira-t-il quand sa note ne répondra pas à ses attentes? Va-t-il se battre ou baisser les bras? Oui, cela fait mal de voir son enfant souffrir. Mais au lieu de venir à sa rescousse pour en amoindrir l’effet, encouragez la pensée critique et la résolution de problème par ses propres moyens. Au lieu de lui donner une réponse pour ses devoirs, travaillez avec votre enfant à trouver les solutions. Tous les parents veulent protéger leurs enfants et prévenir les peines et les blessures, mais c’est lorsqu’on fait face à ces moments difficiles qu’on acquiert de la force pour grandir.

Prêchez par l’exemple. Outre leurs enseignants, vos enfants apprennent de vous. Montrez-leur les efforts qu’on doit déployer pour prendre une décision ou relever un défi. Mettez-les au courant de certains objectifs à court terme que vous vous fixez et expliquez comment vous pensez y arriver. Parlez-leur des difficultés d’apprentissage que vous avez connues ou de ce qui vous a aidé à comprendre pourquoi vous aviez échoué ou réussi.

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Je mange, donc je suis! (2 de 2)

Une saine alimentation fait du bien au corps… mais aussi au cerveau et à la santé mentale

Dre Anne-Isabelle Dionne
ELNA, Saint-Mathieu-de-Beloeil

Regard sur quelques phénomènes qui entrent en jeu dans la relation entre notre nutrition et notre humeur.

Nous avons vu dans un texte précédent les liens clairs entre l’alimentation et l’état mental ainsi que l’humeur. Divers facteurs sont en cause dans cette corrélation. Pensons par exemple au microbiote intestinal. Considéré comme un « organe » en soi, il comporte près de 100 trillions de bactéries, soit plus que le nombre de cellules qui nous constituent1. Elles nous habitent de façon symbiotique en participant à plusieurs processus essentiels à la survie de l’humain : synthèse de vitamines et de neurotransmetteurs, régulation de l’immunité systémique et de l’inflammation, protection de la barrière épithéliale digestive servant à l’absorption des nutriments, etc.2.

Les perturbations du microbiote, particulièrement la perte de diversité, sont associées à de nombreuses maladies chroniques cardiométaboliques et inflammatoires3. Ces bactéries qui nous colonisent réagissent et assurent leur croissance selon ce qui leur est donné à « manger » (soit de la façon dont on s’alimente au quotidien). Et elles interagissent de façon bidirectionnelle avec les 500 millions de neurones individuelles qui tapissent le système digestif4.

Les fibres et plusieurs polyphénols (retrouvées dans les noix, graines, grains entiers non transformés, légumineuses, fruits et légumes) sont les nutriments de choix permettant une bonne sélection, une diversité et une croissance des bactéries les plus saines5. À l’inverse, une consommation excessive de certains médicaments (antibiotiques, antiacides, anti-inflammatoires, etc.), un état de stress chronique ainsi qu’une alimentation pauvre en fibres et riche en aliments transformés, sucres de tout genre, édulcorants et pesticides peut grandement affecter la qualité du microbiote6,7.

Quand celui-ci est perturbé par les stresseurs cités précédemment, il peut se produire une perte d’intégrité de la barrière épithéliale tapissant la lumière du tube digestif. Cela engendrera un bris entre les protéines liant les cellules les unes aux autres et assurant une bonne perméabilité entre le contenu intestinal et la circulation systémique.

On appelle le « syndrome d’intestin perméable » le phénomène où les molécules alimentaires, métabolites bactériens et(ou) bactéries elles-mêmes s’immiscent dans la circulation systémique sans avoir été filtrés adéquatement et dont la présence déclenche l’activation du système immunitaire et un état d’inflammation constant.

Ce syndrome est associé à plusieurs pathologies systémiques comme les maladies inflammatoires intestinales, le diabète, l’asthme ainsi que les désordres psychiatriques comme l’anxiété, la dépression et l’autisme8,9,10,11,12. Les molécules inflammatoires engendrées par la présence de ces molécules exogènes en circulation et neutralisées par le système immunitaire affectent le corps en entier : inhabilité à bien réguler la glycémie, douleurs chroniques, fatigue, humeur négative ou anxieuse, ballonnements digestifs, etc.

Un assainissement de l’alimentation, le retrait des comportements ou substances nuisant à l’équilibre du microbiote ainsi que l’utilisation de probiotiques peuvent s’avérer très pertinents pour retrouver une diversité et une fonction optimale du microbiote avec son effet attendu sur la régulation de l’immunité et de l’inflammation systémique. L’impact est aussi positif sur le métabolisme de neurotransmetteurs et plusieurs vitamines et molécules biochimiques essentielles à la fonction des systèmes du corps13.

Inflammation, stress oxydatif et besoins en antioxydants
L’inflammation constitue un phénomène normal et essentiel à la survie qui permet la guérison d’une structure lésée à la suite d’un dommage de tout genre aux structures du corps. Elle est importante en situation aiguë et occasionnelle lorsque le dommage est causé accidentellement.

Toutefois, elle devient un problème lorsqu’elle est présente de façon chronique à cause de dommages réguliers et persistants. Par exemple, l’exposition quotidienne à des toxines (comme la cigarette ou les moisissures dans l’environnement), le stress et le manque de sommeil chronique (impliquant des perturbations hormonales pro-inflammatoires persistantes) et une alimentation remplie de sucre et d’aliments transformés contribuent à causer l’inflammation chronique. L’inflammation chronique de bas grade est associée à la dépression, la schizophrénie et la maladie bipolaire14,15,16.

Le stress oxydatif est le fruit de l’inflammation chronique. Il en résulte la fabrication de radicaux libres qui s’attaquent aux structures saines du corps (incluant les neurones!) et causent la perte de fonction des organes et le vieillissement accéléré. L’une des façons de le contrer est d’administrer au corps une quantité significative « d’antioxydants ». En réalité, il s’agit des phytonutriments, vitamines et minéraux divers qui se retrouvent dans une alimentation saine, riche en végétaux, non transformée et diversifiée. L’on a effectivement remarqué dans certaines études que plusieurs marqueurs antioxydants étaient réduits chez les individus ayant des épisodes dépressifs aigus17,18.

La plasticité cérébrale : essentielle pour la régulation émotionnelle
Une région essentielle du cerveau, l’hippocampe, est impliquée dans les phénomènes d’apprentissage, la création de la mémoire et la régulation émotionnelle. Ses neurones semblent capables de se former et de croître sous l’effet d’une substance appelée BDNF (Brain-derived neurotrophic factor)19,20. Si l’hippocampe n’est pas bien développé et fonctionnel, on peut alors souffrir de troubles de la mémoire, de difficultés à apprendre de nouvelles tâches et d’une mauvaise gestion des émotions, symptômes fréquents dans la dépression et l’anxiété.

Le stress représente un des facteurs les plus puissants pouvant affecter négativement les niveaux de BDNF 21. Cependant, de plus en plus d’évidences pointent vers le fait qu’une diète d’une grande densité nutritionnelle affecte favorablement les niveaux de BDNF pouvant stimuler la neurogenèse. En contrepartie, les diètes riches en sucre et en gras de mauvaise qualité retrouvés dans les aliments transformés ont un effet totalement contraire22,23,24.

Une bonne santé mentale repose donc sur un apport optimal en nutriments essentiels. Ceux-ci permettent d’assurer toutes les réactions biochimiques du corps qui participent à la sélection d’un microbiote diversifié, la synthèse de neurotransmetteurs, la neurogenèse et l’atténuation du stress oxydatif engendré par l’environnement et(ou) les habitudes de vie pouvant causer un dommage cellulaire jusqu’aux neurones du cerveau. Chaque bouchée devrait être la plus nutritive possible :

  • Les aliments consommés devraient s’approcher le plus près de ce qu’on cueille dans un jardin ou retire d’un animal en liberté, dont l’environnement est optimal.
  • Consommez en abondance les végétaux de tout genre. Par exemple, reproduisez les couleurs de l’arc-en-ciel dans vos choix de fruits et légumes pour la semaine. Priorisez les légumes aux fruits afin d’éviter un excès de sucre pouvant être moins bien toléré chez les individus susceptibles métaboliquement.
  • Ajoutez un apport significatif en fibres chaque jour sous forme de noix, graines, légumes et fruits, grains entiers non transformés et légumineuses. 
  • Recherchez un apport en gras de bonne qualité : huile d’olive, noix, poissons gras, etc. tout en portant attention à ne pas surchauffer l’huile alors que ses propriétés favorables pourraient être perdues.
  • Privilégiez un apport en probiotiques par des aliments fermentés (choucroute, kimchi, yogourt nature, kéfir, tempeh, etc.)
  • N’ajoutez aucun sucre raffiné ou de sucres concentrés provenant d’aliments entiers.

L’alimentation devrait toujours être optimisée avant de proposer une supplémentation visant un apport suffisant d’un nutriment quelconque. C’est qu’un aliment entier apporte beaucoup plus sur le plan biochimique que ce qu’on peut retrouver dans un comprimé.

Cependant, il est parfois nécessaire de recourir à la supplémentation pour des raisons diverses (intolérances à certains aliments, inhabilité à ingérer l’apport nutritionnel recommandé d’un nutriment particulier, mode de vie qui sollicite un apport plus grand que recommandé d’une certaine substance, laquelle est fournie en trop faible quantité par l’alimentation, etc.).

La personnalisation de l’approche est essentielle afin de cibler les risques de carences et les niveaux d’apport en nutriments. Surtout, elle permet d’évaluer la qualité et la diversité du microbiote qui nous habite tout en cherchant des stratégies pour l’optimiser. Somme toute, la psychothérapie et l’utilisation des antidépresseurs ne constituent pas les seules options dans la prise en main des troubles de l’humeur. L’assainissement de l’alimentation et des habitudes de vie peut s’avérer beaucoup plus efficace pour améliorer la santé mentale!


1 Valdes A M, Walter J, Segal E, Spector T D. Role of the gut microbiota in nutrition and health BMJ 2018; 361 :k2179 doi:10.1136/bmj.k2179

2 Thursby E, Juge N. Introduction to the human gut microbiota. Biochem J. 2017;474(11):1823-1836. Published 2017 May 16. doi:10.1042/BCJ20160510

3 Valdes A M, Walter J, Segal E, Spector T D. Role of the gut microbiota in nutrition and health BMJ 2018; 361 :k2179 doi:10.1136/bmj.k2179

4 Barett KE BS. Ganong’s review of medical physiology: The autonomic nervous system 2010.

August 5, 2021 – Yang Q, Liang Q, Balakrishnan B, Belobrajdic DP, Feng QJ, Zhang W. Role of Dietary Nutrients in the Modulation of Gut Microbiota: A Narrative Review. Nutrients. 2020;12(2):381. Published 2020 Jan 31. doi:10.3390/nu12020381

6 Vich Vila, A., Collij, V., Sanna, S. et al. Impact of commonly used drugs on the composition and metabolic function of the gut microbiota. Nat Commun 11, 362 (2020). https://doi.org/10.1038/s41467-019-14177-z

7 Madison A, Kiecolt-Glaser JK. Stress, depression, diet, and the gut microbiota: human-bacteria interactions at the core of psychoneuroimmunology and nutrition. Curr Opin Behav Sci. 2019;28:105-110. doi:10.1016/j.cobeha.2019.01.011

8 Carabotti M, Scirocco A, Maselli MA, Carola S. The gut-brain axis: interactions between enteric microbiota, central and enteric nervous systems. Ann Gastroent 2015;28:203-9

9 Ait-Belgnaoui A, Durand H, Cartier C, et al. Prevention of gut leakiness by a probiotic treatment leads to attenuated HPA response to an acute psychological stress in rats. Psychoneuroendocrino 2012;37:1885-95

10 Foster JA, McVey Neufeld KA. Gutbrain axis: how the microbiome influences anxiety and depression. Trends Neurosci 2013;36:305-12.

11 Ho JT Chan GC Li JC.. Systemic effects of gut microbiota and its relationship with disease and modulation. BMC Immunol 2015;16

12 Bischoff SC, Barbara G, Buurman W, et al. Intestinal permeability–a new target for disease prevention and therapy. BMC Gastroenterol 2014;14:189.

13 Clapp M, Aurora N, Herrera L, Bhatia M, Wilen E, Wakefield S. Gut microbiota’s effect on mental health: The gut-brain axis. Clin Pract. 2017;7(4):987. Published 2017 Sep 15. doi:10.4081/cp.2017.987

14 Berk, M, Williams, LJ, Jacka, FN et al. (2013) So depression is an inflammatory disease, but where does the inflammation come from? BMC Med 11, 200

15 Fernandes, BS, Steiner, J, Molendijk, ML et al. (2016) C-reactive protein concentrations across the mood spectrum in bipolar disorder: a systematic review and meta-analysis. Lancet Psychiatry 3, 1147–1156

16 Fernandes, BS, Steiner, J, Bernstein, HG et al. (2016) C-reactive protein is increased in schizophrenia but is not altered by antipsychotics: meta-analysis and implications. Mol Psychiatry 21, 554–564.

17 Moylan, S, Berk, M, Dean, OM et al. (2014) Oxidative & nitrosative stress in depression: why so much stress?Neurosci Biobehav Rev 45, 46–62.

18 Liu, T, Zhong, S, Liao, X et al. (2015) A meta-analysis of oxidative stress markers in depression. PLoS ONE 10, e0138904.

19 Fernandes, BS, Berk, M, Turck, CW et al. (2014) Decreased peripheral brain-derived neurotrophic factor levels are a biomarker of disease activity in major psychiatric disorders: a comparative meta-analysis. Mol Psychiatry19, 750–751

20 Fernandes, BS, Molendijk, ML, Kohler, CA et al. (2015) Peripheral brain-derived neurotrophic factor (BDNF) as a biomarker in bipolar disorder: a meta-analysis of 52 studies. BMC Med 13, 289.

21 Miao Z, Wang Y, Sun Z. The Relationships Between Stress, Mental Disorders, and Epigenetic Regulation of BDNF. Int J Mol Sci. 2020;21(4):1375. Published 2020 Feb 18. doi:10.3390/ijms21041375

22 Zainuddin, MS & Thuret, S (2012) Nutrition, adult hippocampal neurogenesis and mental health. Br Med Bull103, 89–114.

23 Guimaraes, LR, Jacka, FN, Gama, CS et al. (2008) Serum levels of brain-derived neurotrophic factor in schizophrenia on a hypocaloric diet. Prog Neuropsychopharmacol Biol Psychiatry 32, 1595–1598.

24 Molteni, R, Barnard, RJ, Ying, Z et al. (2002) A high-fat, refined sugar diet reduces hippocampal brain-derived neurotrophic factor, neuronal plasticity, and learning. Neuroscience 112, 803–814.

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